Il arrive parfois qu'une voiture fasse son apparition, et malgré le fait qu'aucun aspect ne vous coupe le souffle, la façon dont elle accomplit tout ce que vous lui demandez la rend spéciale. La Fiesta est comme ça.
Le retour de Ford dans la catégorie des sous-compactes, après avoir abandonné les Aspire et Festiva il y a des décennies, du moins il me semble, représente tout un évènement.
La nouvelle philosophie de la compagnie de produire des voitures globales, bien que modifiées quelque peu pour combler les goûts de chaque marché, n'a rien d'une nouvelle stratégie. Vous vous souvenez des Ford Contour et Mercury Mystique . Ces projets n'ont pas vraiment fonctionné. Pourtant l'arrivée de la Fiesta et de la Focus 2012 représentera un succès, puisque les produits sont tellement mieux.
La Fiesta , disponible aux États-Unis et au Canada en formats berline et cinq portes à hayon, arrive juste à temps pour la bataille dans le segment grandissant des sous-compactes. La Honda Fit , la nouvelle Mazda2 , la Scion xD (nouvelle au Canada) et les refontes prochaines des Hyundai Accent , Kia Rio et Chevrolet Aveo promettent toutes des confrontations sanglantes dans les années à venir.
D'abord, la Fiesta a ce qu'il faut au niveau de l'esthétique. Elle mélange des styles plus jeunes et plus matures à la fois dans une carrosserie très profilée. Nous préférons la version hatchback à la berline, cette dernière disposant d'un long porte-à-faux arrière et des foufounes pincées, comme si la greffe du coffre à la Fiesta était une idée survenue bien plus tard (et c'est possible).
Sous le capot réside un 4-cylindres de 1,6 litre à 16 soupapes, qui développe 120 chevaux et un couple de 112 livres-pied : seules les Nissan Versa (122) et Scion xD (128) sont plus puissantes, avec ce moteur jumelé à une boîte automatisée à 6 rapports avec double embrayage, la Ford atteint les 100 km/h en 10,7 secondes.
En parlant de cette boîte de vitesses intitulée Powershift, elle fait subir des à-coups à la voiture durant les changements de rapports à basse vitesse. Un tel dispositif à double embrayage procure typiquement des passages de rapport très rapides, toutefois dans la Fiesta , il ne performe pas vraiment mieux qu'une automatique à 6 rapports conventionnelle.
En ce qui concerne la consommation d'essence, un point important pour une petite voiture, notre semaine au volant se solde par une moyenne de 8,7 L/100 km; on aurait pu faire mieux, puisqu'on a peu roulé sur l'autoroute à bord de la Fiesta .
Calibrée pour l'Amérique, la tenue de route de la voiture ne se montre pas aussi croustillante que dans la version européenne dont Ford nous avait permis l'essai l'an dernier, mais ce n'est pas grave : notre version profite d'un roulement légèrement plus confortable, et mieux adapté à ce que les consommateurs américains désirent de toute façon. La Fiesta se comporte comme une voiture plus grosse, tout en conservant la maniabilité d'une petite voiture.
L'espace intérieur reste appréciable, quoique pas être extraordinaire; les Honda Fit et Nissan Versa se révèlent plus compétentes pour transporter quatre adultes, alors que le volume de chargement, que la banquette arrière soit relevée ou non, n'est pas aussi généreux que dans les rivales mentionnées plus tôt, la Kia Rio5 et la Scion xD . Quand même, on note suffisamment d'espace pour quatre personnes et leurs possessions.
La finition SES se voit équipée du système multimédia SYNC, aussi performant que dans n'importe quelle autre Ford . Utilisant la reconnaissance vocale, des chansons peuvent être commandées par leur titre ou par nom d'artiste, genre ou titre d'album, ce qui s'avère superbe et épatera assurément vos amis. Cependant, le bouton de commande du menu de la chaîne audio est perché haut sur le tableau de bord et pas trop facile à manipuler. De plus, les commandes auxiliaires au volant n'incluent pas le réglage du volume. Pourquoi?
Les journées ensoleillées, le tableau de bord reluisant se reflète à l'intérieur du pare-brise, ce à quoi on doit s'habituer. D'un autre côté, la finition de la voiture reste très bonne, avec des garnitures contrastantes sur la sellerie de cuir et des empiècements argentés sur le tableau de bord. Tout semble solide et de qualité.
Les appuie-têtes arrière prennent tant de place qu'ils réduisent la visibilité à travers la lunette arrière, déjà sous-dimensionnée. On s'y fait avec le temps, par contre reculer d'un stationnement est un peu plus compliqué.
Et durant la session photo de la voiture, on s'est embarré avec succès en dehors du véhicule, grâce au système de clé intelligente. Avec le moteur en marche, on a tenté d'ouvrir le hayon, bien sûr il était verrouillé, alors j'ai ouvert la porte du conducteur pour appuyer sur le bouton du verrouillage central sur la planche de bord.
Ce fut une gaffe, finalement : j'ai refermé la porte pour retourner à l'arrière de la voiture, pour constater que non seulement le hayon était toujours barré, comme toutes les portes également (le même bouton verrouille et déverrouille les portes). On s'attendrait à ce que la clé « intelligente » nous empêche de s'autoridiculiser de la sorte, mais en vain. Pour être franc, Ford a admis que durant le lancement média de la Fiesta , un de leurs ingénieurs a fait la même chose, ce qui nous a remonté le moral un peu.
Le prix de base d'une Fiesta à hayon, en finition SE, est de 16 799 $. Notre version SES d'essai à 18 899 $ inclut jantes en alliage de 16 pouces, sièges avant chauffants, glaces électriques, aileron arrière et régulateur de vitesse. En ajoutant les options telles que sellerie de cuir (1 200 $), boîte automatique (1 250 $) et système de clé intelligente (500 $), on obtient un prix final de 21 849 $ avant taxes, transport et préparation.
Comme on l'a mentionné dans notre essai comparatif de sous-compactes, la Fiesta n'est pas la plus rapide, n'offre pas le meilleure tenue de route, et n'est pas la plus spacieuse, néanmoins excelle dans tous les aspects; par conséquent, on l'aime beaucoup.
Par Michel Deslauriers www.auto123.com
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