D'abord dévoilée sous forme d'un prototype en 2001, la Crossfire a étonné toute la presse automobile et nombre d'amateurs qui ont crié haut et fort que cette voiture devait être mise en production. Suite à l'association entre Chrysler et Mercedes-Benz , on a donné suite au projet pour en faire la première voiture construite conjointement entre ces deux manufacturiers. Si certains voient en elle une Chrysler de nouvelle génération, d'autres ne peuvent s'empêcher de reconnaître la grande inspiration germanique du constructeur Mercedes-Benz.
Avec la Crossfire , DaimlerChrysler veut séduire la clientèle désirant une voiture sport personnelle, comme les Nissan350Z, Mazda RX-8 et Audi TT. Tout en conservant une forte personnalité américaine, la Crossfire possède une technologie allemande à la fine pointe se mariant parfaitement au style de la voiture.
Esthétique
Tout comme plusieurs réalisations récentes du groupe Chrysler, la Crossfire fait tourner les têtes. Si plusieurs produits de la marque ont déçu la clientèle pour cause de fiabilité douteuse au cours des dix dernières années, il faut admettre que les designers ont quant à eux eu la main heureuse en proposant des véhicules offrant des designs innovateurs et audacieux, qu'aucun autre fabricant n'aurait osé mettre en production. On a qu'à se rappeler les Dodge Viper,Plymouth Prowler et Chrysler PT Cruiser pour confirmer ces dires.
En concevant la Crossfire , le designer Karmann a voulu présenter un look à la fois moderne, tout en conservant une touche rétro rappelant dignement les coupés européens d'après-guerre. Ainsi, on retrouve une partie arrière tronquée avec des ailes élargies, où se cache un immense becquet arrière se déployant lorsque la voiture atteint 96 km/h. L'avant est caractérisé par une imposante calandre qui intègre parfaitement le logo de la marque. Plusieurs détails viennent aussi caractériser la voiture, notamment les prises d'air latérales, les jantes de 18 pouces à l'avant, de 19 pouces à l'arrière et le cadre du pare-brise de couleur argenté.
Prochainement, Chrysler lancera une version cabriolet de la Crossfire , qui reprend l'ensemble des éléments de style du coupé. Commercialisée comme modèle 2005, elle sera offerte chez les concessionnaires vers la fin de l'été.
Habitacle
Du côté de l'habitacle, la Crossfire étonne par sa qualité d'assemblage et de finition. La planche de bord est ornée d'appliques d'aluminium et de chrome, et on lui reconnaît plusieurs commandes et commutateurs directement issus des produits Mercedes-Benz. Les deux occupants pouvant prendre place à bord ont droit à suffisamment d'espace pour les jambes et la tête, malgré la hauteur réduite du pavillon. Les sièges en cuir chauffants sont un exemple de confort et de soutien, et sont ajustables de multiples façons pour améliorer la position de conduite.
Évidemment, l'espace cargo est passablement réduit et oblige le conducteur à voyager léger. Dans l'habitacle, les espaces de rangement se font rares et le coffre, d'une capacité de 215 litres, peut à peine accueillir quelques sacs d'épicerie. Étant conscient de ce problème, Chrysler vous offre cependant en équipement de série, un ensemble de valises de voyage personnalisé, occupant la totalité de l'espace disponible dans le coffre.
Mécanique
Dès les premiers tours de roues, j'ai reconnu plusieurs caractéristiques de conduite de la Mercedes-BenzSLK. Évidemment, il ne fallait pas être surpris puisqu'elle partage avec la Crossfire, son groupe motopropulseur ainsi que plusieurs autres éléments mécaniques. Sous le capot, on retrouve donc un V6 à simple arbre à cames en tête de 3,2 litres développant 215 chevaux.
Si certains sont déçus de la puissance sur papier, je peux vous affirmer que la voiture est très agréable et possède suffisamment de puissance pour gêner bien d'autres sportives. N'ayant pas essayé le modèle à boîte manuelle, il est difficile pour moi de vous donner mes impressions, mais chose certaine, l'automatique est un délice. Avec celle-ci, la voiture passe de 0 à 100 km/h en 7,0 secondes et peut atteindre 220 km/h. Naturellement, la boîte automatique à 5 rapports avec mode Touchshift provenant de Mercedes-Benz est renommée AutoStick chez Chrysler.
Comportement
Au niveau du comportement routier, la voiture ne peut encore fois cacher ses origines. Chaussée sur des pneus de 18 pouces à l'avant et de 19 pouces à l'arrière, la voiture colle parfaitement au sol. La suspension indépendante aux quatre roues est accompagnée de barres stabilisatrices surdimensionnées, qui améliore sa tenue de route. En virage, la voiture est agile ne semble jamais souffrir. Le roulis est carrément absent et la grande rigidité du châssis étonne. Pour rouler en Crossfire , il faut cependant accepter de se faire brasser quelque peu, car la suspension est ferme et fait sentir aux occupants chaque imperfection de la route. En conduite sportive, la voiture à légèrement tendance au survirage, mais le contrôle de stabilité électronique et l'antipatinage vous ramènerons à l'ordre. Agile, la Crossfire se manie facilement et permet des manoeuvres souvent impossibles avec des voitures plus pataudes. La direction à recirculation à billes à assistance variable est très précise, et possède un court diamètre de braquage, facilitant ainsi les manoeuvres serrées. Il vous faudra cependant garder l'oeil ouvert lors d'un stationnement en parallèle, car la visibilité arrière est carrément atroce.
Au niveau du freinage, la Crossfire hérite du même système qui équipe la SLK de Mercedes-Benz. Bougrement efficace, il permet à la voiture de s'immobiliser de 100 à 0 km/h en moins de 37 mètres et s'avère très endurant en conduite intensive. Évidemment, le système comprend quatre disques avec antiblocage, l'assistance au freinage (BAS) et la distribution électronique de force de freinage (EBD).
Conclusion
Sans l'ombre d'un doute, la Crossfire démontre une fois de plus l'audace de DaimlerChrysler en matière de design et de conception automobile. D'ailleurs, l'AJAC (association des journalistes automobile du Canada) a décerné à la Crossfire le prix du design de l'année. Fruit de l'association entre les Américains(Chrysler) et les Allemands (Mercedes-Benz ), la voiture possède les points positifs de chacun des constructeurs, ce qui en fait une sportive d'exception à part entière. Sa rareté en fera une voiture fort convoitée et son agrément de conduite convaincra les plus sceptiques. Bref, si les prochains produits Chrysler sont aussi réussis que la Crossfire , le vent risque de changer de bord chez nos voisins du sud.