Avec la précédente génération il y avait "LA" Malibu : une seule carrosserie et un seul moteur disponibles. C'était un peu juste pour aller chercher des concurrentes aux dents longues nommées Honda Accord ou Toyota Camry . D'autant plus qu'elle manquait singulièrement d'arguments face à ces deux ténors.
Burlington, Vermont - L'ancienne Malibu était, disons, très classique. Elle continue d'ailleurs sa carrière sous le nom de Malibu Classic (!), et Chevrolet ne la vendra plus qu'à titre de voiture de parcs pour encore deux ans.
La nouvelle Malibu est la première application en Amérique du Nord de la plateforme Epsilon, qui sert déjà de base aux Opel Vectra et Saab 9-3 européennes. Cette fois-ci, elle sera déclinée en deux formats de carrosserie et avec deux motorisations.
Fini l'anonymat!
En termes d'esthétique, la nouvelle Malibu ose plus, même si ses lignes sont loin de faire l'unanimité, particulièrement au chapitre de la calandre et de sa barre horizontale qui fait légèrement imposée au dernier moment. Avec une ceinture de caisse relativement haute, elle manque quelque peu de finesse. Mais on saluera quand même l'effort de Chevrolet de mettre sur le marché un produit qui fait moins générique.
Le cas de la Malibu Maxx est un peu différent. Son arrière s'accommode mieux de la hauteur de la ligne de caisse. En revanche, on a l'impression que les roues arrière ont littéralement été poussées. Impression confirmée par les chiffres puisque l'empattement augmente de 152 millimètres, alors que la longueur totale diminue de 13 millimètres. Et n'appelez surtout pas la Maxx une familiale! Son arrière tronqué la rapproche plus des berlines cinq portes, plus populaires en Europe (d'ailleurs, son pendant dans la gamme Opel s'appelle Signum).
Fini le 3.1-litres!
Côté moteurs, exit l'antédiluvien 3,1-litres! Il est remplacé par le 4-cylindres Ecotec de 2,2 litres (non disponible dans la Maxx) et un nouveau V6 de 3,5 litres. Le 4-cylindres, déjà vu dans de nombreux produits GM, développe 145 chevaux. Il s'acquitte honorablement sa tâche et permet à Chevrolet de proposer une Malibu à un prix plancher et permettra de contenter ceux qui cherchent de l'espace avant tout. Tout juste s'avère-t-il un peu bruyant en accélération. Le V6 emmène la Malibu à un autre niveau. Dérivé du 3,4-litres qu'on trouve, entre autres, dans la Venture , il offre 200 chevaux et une bonne souplesse à tous les régimes. Les deux moteurs sont accouplés à une boite de vitesses automatique Hydramatic 4T45-E à 4 rapports d'une grande douceur.
Finis les complexes!
Le fait que les bases de la plateforme Epsilon aient été jetées chez Opel en Allemagne, ne lui confère pas juste sur le papier une saveur plus européenne. Les suspensions offrent un bon compromis de confort et de rigueur. Autant les anciennes générations de direction à assistance électrique ne donnaient pas toujours satisfaction, autant celle qu'utilise la Malibu est une réussite. Son asservissement à la vitesse est idéalement calculé. Ainsi, la Malibu peut aborder sans grands complexes des petites routes de montagne, comme celles qu'on trouve autour de Burlington, où nous avons roulé. Sans se montrer sportive, elle est facile à placer, et une prise de roulis limitée aide à prendre confiance. Chevrolet avait d'ailleurs apporté des Camry et des Accord pour permettre une comparaison directe. C'est dire si la marque a foi en son produit!
Finie...mieux finie!
Là où progresse également la Malibu , c'est au chapitre de l'ambiance intérieure. Sans vraiment atteindre ses rivales japonaises, la Malibu offre des plastiques de bonne qualité (même si ceux de la console centrale méritent encore un petit effort), bien assemblés et une ambiance agréable. Toutes les Malibu viennent avec une colonne de direction réglable en hauteur et en profondeur Impossible alors de ne pas trouver une bonne position de conduite, d'autant plus 1 que le pédalier s'ajuste électriquement.
Comme c'est la tradition dans une américaine, l'équipement est fourni dès la version de base. Elle offre suffisamment d'espace à l'arrière pour des adultes. On notera la présence d'un démarreur à distance intégré (une première mondiale), très appréciable sous nos latitudes.
Installons-nous maintenant à l'arrière de la Maxx, car elle n'attend que ça. On a une grande place pour les jambes (merci l'allongement de l'empattement) et la banquette inclinable, coulissante et séparée 60/40 permet d'offrir un excellent confort aux passagers (choyés également par la présence d'un toit en verre fixe) et un volume de chargement selon les circonstances. On peut placer la tablette arrière dans quatre positions différentes et l'utiliser comme table de pique-nique. Il est possible de se procurer un combiné DVD, installé dans la console centrale, en option.
La Malibu a considérablement progressé dans de nombreux domaines. Et la Maxx, grâce à l'agrément de conduite qu'elle procure et à la variété des configurations arrière, se révèle une alternative plaisante à une fourgonnette pour familles pas trop nombreuses. Reste à voir la réaction du public, qui n'est pas encore habitué à ce type de produits.
Par Hugues Gonnot
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